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Niuzy Cinema – Le Film de Christophe Honoré Plaire, aimer et courir vite (…au cinéma)

“Qu’est ce qu’on va devenir?”

“J’a fais réchauffer le cassoulet”

Ce dialogue peut tout simplement être considéré comme de l’art.

C’est sur ces paroles aussi abstraites que poétiques que commence Plaire, aimer et courir vite, le nouveau film de Christophe Honoré.

Présenté à Cannes en sélection officielle, ce long métrage est une onde aux artistes qui ont influencés le réalisateur : Truffaut, Godard ou encore Léo Carax.

Le film dépeint un amour naissant entre Jacques (Pierre Deladonchamps), un auteur de théâtre Parisien trentenaire atteint dusida et Arthur, jeune étudiant d’une vingtaine d’années, joué par Vincent Lacoste.

Un jeu de garçons amoureux dirigé par les caméras expertes du réalisateur Français.

 

 

Une atmosphère de Nouvelle vague

 

Christophe Honoré dessine un Paris où l’on voudrait vivre, fait de littérature, de liberté et de mélancolie.

Pas d’autocensure. Les personnages ont la cigarette à la bouche pendant tout le film. C’est cela que l’on attend d’un réalisateur : qui compte sur l’intelligence du spectateur sans lui dicter les règles du politiquement correct.

Les jeux de lumière et la maîtrise des couleurs font indéniablement penser à Pierrot le Fou.

Le film de Christophe Honoré est séduisant car il dépeint une histoire d’amour. Ils sont sur le point de s’aimer mais la maladie qui emporte Jacques va les séparer avant de connaître le véritable amour.

 

Pour les scènes intimes, le réalisateur a mimé aux acteurs les gestes. Le résultat :

Des scènes d’amour sublimes, sobres et esthétiques, dont les effets dramatiques fonctionnent à merveille, comme celle où les amants sont sur le lit de Jacques : un corps nu, un habillé sur un lit blanc, un travelling arrière sur une musique house des années 80 profondément rythmée.

 

“C’est déjà trop tard pour mourir jeune, on a manqué d’organisation”

 

Les personnages un peu volages tombent sous le charmes d’autres garçons sous un poster du film de Léo Carax Boy meets girl dans un appartement Parisien.

L’histoire se répète entre les jeunes gens qui cherchent leur chemin en 1990. A vingt ans, ils ont plein d’espoir sur le monde et se rêvent en artistes.

Ils volent au gré du vent et on profite avec eux de leur liberté qui ne durent qu’un temps.

 

“Jeune n’a rien à voir avec l’illusion”

 

Outre les références à la nouvelle vagues, on pense également à la littérature.

A Sartre parfois ou au livre “Le monde de Sophie” de Jostein Gaarder, quand Jacques, auteur de théátre cultivé appelle Arthur pour lui faire un cours de littérature par téléphone, alors qu’un autre amant de ce dernier l’attend dans sa chambre en dansant.

On ne demande rien, on a tout. Le film d’Honoré se présente comme un cadeau.
Un cadeau poétique et intemporel d’une personne que l’on connaît á peine et que l’on aime déjà. Des personnages qui courent à leur pertes en plongeant dans les entrailles de la vie.

“La vie est plus surprenante que dans les films”

On ne se lasse pas des dialogues imprédictible et intelligent à la fois :

“Vous êtes qui?”

“J’aime bien lire.”

“Je suis trop jeune pour me souvenir de qui je suis”

Certaines scènes entre les parents du petit Loulou ont la saveur et le rythme des dialogues d’Eric Rohmer.

“Je ne te juge pas dit l’un des personnages. Non pas toi, les autres.”

L’ombre de Sartre vogue entre les ligne des personnages bien vivants.

 

Pour porter les dialogues, l’ensemble du film est porté par une musique captivante.

Un choix sans faute avec des titres House des années 80 comme Massive Attack, The Sundays ou Cocteau Twins. À point nommé une seule, mais sublime sonate classique Haendel se fait entendre.

La dernière chanson, One is the loneliest number interprété par harry nilsson de  clôture l’histoire d’amour en laissant Vincent Lacoste pensant seul, encore innocent attendant son amant Parisien.La fin du film est remplie de poésie et de tristesse. Onde à la ville et ses âmes qui y vivent

 

“Des baisers Parisiens sur votre peau demi-sel”

 

L’amour, le corps des autres, on ne sait plus à quoi se rattacher quand on est vivant et que celui qu’on aime est mort. Jacques se rattache à la littérature et à ses amants mais sa maladie est un naufrage. “Finir rêveur n’est pas dans mes plans”

“Baiser dans les chiottes c’est une aventure ou l’on sort de la plus vivant. Les pd qui n’aiment pas les chiottes n’ont jamais ouvert un livre de leurs vies.”

 

A la fin du film, Les protagonistes sont tous deux enfermés, l’un dans l’ascenseur et l’autre dans une cabine téléphonique. On comprend que l’un part, l’autre reste. Et c’est dans cet ultime geste d’amour que le film s’achève. A Paris, même à la fin de l’été le soleil de l’amour brûle encore.

 

On ne s’ennuie jamais. Pas une seconde. Le réalisateur des Chansons d’amour signe une oeuvre singulière et émouvante.

 

“Plaire, aimer et courir vite” est surement son plus beau long métrage.

 

N.B   © Spread Pictures

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